Articles

Affichage des articles du novembre, 2014

TOUT MALHEUR EST BON A PRENDRE

  Je constate à mon profond désarroi que nombre de nos vaillants démocrates ne se privent pas d'applaudir toute épreuve que subit ce peuple (catastrophe naturelle, pénurie de lait ou de médicaments pour cancéreux, anarchies villageoises qui se traduisent en fermetures de routes, baisse des prix du pétrole, assassinats terroristes...) en pensant que ça affaiblit l" "pouvoir-régime-système"... donnant à comprendre que pour abattre ce "monstre" ils sont prêts à sacrifier ce peuple dont ils veulent le libérer...  Ca me rappelle la France qui prétend nous avoir colonisés pour nous civiliser en nous décimant, les Américains qui sont allés démocratiser le Vietnam en le défoliant ou les sionistes qui apprennent à vivre aux Arabes en les génocidant... 30/11/2014

LA PORTER SUR UNE CORNE

  Chez nous il y'a une expression qui dit: "idir'ha 3la garn"... (la porter sur une corne ou sur un coin)... le port de la chéchia légèrement penchée sur le côté est l'apanage des puissants... il indique que le porteur veut montrer suffisance et fierté...  cette manière de porter le couvre-chef se pratiquait généralement après les moissons.  Quand le paysan finit d'engranger sa récolte dans les koufis et qu'il sait que sa famille est à l'abri de la faim pour toute l'année à venir, idirh'a 3la garn...  J'ai vu mon père user de cette pratique du temps où, avec mes oncles, ils travaillait la terre du colon pour 1/5e de la récolte...  s'il vous arrive donc de remarquer un paysan avec le couvre chef posé de côté sur la tête, ne vous dites surtout pas que c'est par négligence qu'il le ferait car c'est plutôt par excès d'orgueil et de suffisance... 19/11/2014

L'INGENIEUR

  Nous avions à la belle époque un subdivisionnaire des travaux publics du nom de "Dribine"... Tout le monde l'appelait "el djanior"...  Il se déplaçait sur une vieille 2CV de service et on avait l'impression qu'il avait le don d'ubiquité...  Il surveillait les routes avec une grande rigueur et personne n'osait y faire passer son tracteur à chenille ou arracher ou même maltraiter un des oliviers ou eucalyptus qui la bordent...  Je me souviens qu'on postait des sentinelles l'œil en visière sur les talus pour surveiller "el djanior" même quand nous devions creuser les fourmilières pour retirer des fourmis ailées ou rechercher les vers dans les tiges des asphodèles ou déterrer les larves de hannetons sur les bords des routes pour faire provision d'appâts pour nos pièges... 19/11/2014

L'EMG ET LE SOCIALISME

  C'est une ritournelle vraiment lassante que cette histoire de clan de planqués à Oujda ou ailleurs...  La seule force organisée en 1962, c'était l'armée des frontières et non les groupuscules disparates de guérilléros de l'intérieur et qui furent noyautées par la Force Spéciale...  Et cette armée était sous la férule du L'Etat Major, lequel était désigné par les hauts cadres de la Révolution...  Mais ce n'est pas là que réside le choix du socialisme.. ce n'était pas ça,  le problème.  Le problème c'est comment éviter la collectivisation des moyens de production, c'est à dire le socialisme quand ces biens se sont retrouvés vacants!... 8/11/2014

TERRAIN MINE

 L e drame était là...  Dans toute l'horreur d'une société totalement décomposée, il l'est toujours avec cet état civil à refaire, cette propriété à acter, cette division du peuple en patriotes et khoubathas, cette mentalité de la ghanima, ces biens vacants squattés, cette division entre hizb el 3arab, hizb el barbar et hizb frança, ces mines qui continuent à amputer... 8/11/2014

TOUTE PROPRIETE EST UN VOL

 En  1962 nous n'avions pas un pays avec ses classes sociales, une propriété foncière et industrielle définie et actée, une administration performante, une justice structurée, un marché organisé...  Nous venions de sortir d'un siecle et demi de domination et de colonisation de peuplement!...  La justice sociale devait obligatoirement commencer par une étatisation et une collectivisation des moyens de production même ceux détenus par les autochtones parce que comme disait Proudhon dans un autre contexte: "toute propriété est un vol" à plus forte raison qd elle est acquise en temps de guerre... 8/11/2014

LE VOLONTARISME EST A L'ORIGINE DE NOTRE MARASME

Après l'expérience Boumedieniste, on a réparti les terres entre des fellah sans ambitions et sans moyens, les morcelant en puzzles inexploitables, on a distribué plein de crédits à de faux industriels et de faux entrepreneurs en pensant que l'argent allait créer des vocations, on a lancé de grands projets dits structurants aussi budgétivores que corrupteurs...  On n'a fait que ce qu'il ne fallait absolument pas faire et nous voila enfoncés jusqu' au cou dans le bricolage...

TOUT AUTRE CHOIX AURAIT ETE CATASTROPHIQUE

Il y avait des contraintes PLUS QU OBJECTIVES... tout autre choix que le socialisme aurait été catastrophique pour l'éthique révolutionnaire...  On ne pouvait libérer le pays d une domination économique pour en installer une autre qui aurait été plus atroce et absolument injustifiée sauf si on devait retenir le principe de la ghanima (butin de guerre ) à repartir entre vrais et faux combattants alors que la devise de la Révolution était: "un seul héro, le peuple"...

NOUS SOMMES DANS UN SYSTEME HYBRIDE

  Nous sommes dans un système hybride et tout le monde sait que tout ce qui est hybride est stérile.  On ne peut instaurer le capitalisme quand 99% des richesses sont aux mains de l Etat, que 4/5 des travailleurs sont des cols blancs, ronds de cuir et corps constitués, que 90% des bonnes terres sont données en concession non pas à des détenteurs de capitaux mais à des vieux paysans usés, que les banques sont des guichets, que les prix sont soutenus, que les investissements sont exclusivement publics, que les élus de la nomenklatura se sont tous convertis en importateurs et que Saidani continue à entretenir le mythe d un parti portant toujours le sigle du FLN...

NOUS N'AVONS PAS CHOISI LE SOCIALISME

Le socialisme spécifique ne fut pas autant un choix délibéré qu une option imposée.  On ne sort pas d une colonisation de peuplement de 132 ans avec un pays exsangue et des richesses devenues "bien vacants" pour rentrer dans le libéralisme sans capitalistes parce que les nouveaux maitres du pays étaient tous des va-nu-pieds.  Le socialisme était le moindre mal et surtout l option la plus juste...  On voit au jour d'aujourdhui ce que vaut le libéralisme...  Mais ça c est un autre débat... 7/11/2014